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D. Chopra: Que le monde soit notre famille

Inspirez profondément puis expirez. Etes-vous conscients qu’un même air nous est commun ? Est-ce que nous partageons le même air ? A chaque inspiration, vous absorbez 1022 atomes, soit 10 suivi de vingt-deux zéros. A chaque expiration, vous expulsez le même nombre d’atomes et ces atomes viennent des moindres cellules de votre corps.

Nous faisons partie d’un même souffle. En cet instant précis, vous avez dans votre corps au moins un million d’atomes qui furent un jour dans le corps du Christ. Vous avez dans votre corps au moins un million d’atomes qui se sont un jour trouvés dans le corps de Bouddha ou Mohammed. Or on se bat au nom de tous ces grands prophètes.

Dans les trois dernières semaines, 1015 atomes ont traversé votre corps après être passés par le corps de toutes les espèces vivantes de la planète. Songez à un arbre en Afrique, un chameau en Arabie saoudite, un chauffeur de taxi au Bangladesh, un paysan de Chine ; des matériaux y ont séjourné dans les trois dernières semaines et sont maintenant dans votre organisme.

Ces arbres sont vos poumons, Ces fleuves, là, sont votre système circulatoire. On a confondu la différentiation et la séparation. La différentiation, c’est comment on va de l’un vers le multiple. Quand votre vie a commencé, vous étiez une cellule unique. Il y eut ensuite deux cellules, puis quatre, puis huit. Au bout de 50 réplications, vous en étiez déjà à des milliers de milliards de cellules, plus qu’il n’y a d’étoiles dans la voie lactée.

Maintenant, ces cellules dans votre estomac ne sont pas là à dire : « Pourquoi digérer la nourriture pour le cœur, qu’est-ce que ça me fait ? » Le cœur ne dit pas : « Pourquoi pomper le sang alors que les neurones ne savent que se tracasser ? » Les cellules de l’estomac, du cœur, du cerveau semblent différentes, mais sont venues de cette cellule unique. Pareillement, nous ne faisons pas simplement partie d’un corps, d’un écosystème, ou bien d’un champ d’énergie. Nous sommes une conscience unique qui s’est différenciée en toutes ces consciences.

Si on comprend cela, on peut résoudre tous les problèmes du monde sur le champ, car toutes les injustices sociales, la pauvreté radicale, le tribalisme, la guerre et les dégâts écologiques, viennent d’une faute unique que nous avons commise intellectuellement en nous croyant séparés.

J’ai écrit sur Bouddha, j’ai écrit sur Jésus-Christ, j’écris maintenant sur Mohammed. En creusant davantage leurs enseignements, vous découvrez que ces êtres étaient universels ; ils avaient en effet une expérience de ce qu’on appelle la conscience de l’unité. C’est la non-différence entre moi et l’autre. Si l’émotion vous bouleverse, elle me bouleversera aussi. Si ça ne va pas pour vous, ça n’ira pas pour moi. Si l’écosystème est atteint, mon corps le sera aussi. On ne peut pas faire bande à part. Votre bien-être importe tellement à mon bien-être que je dépends totalement de votre bien-être affectif, physique et spirituel. Mieux vaut donc être en bonne santé.

Dans un passage de l’Evangile de Jean, Jésus parle d’être un enfant de Dieu. Surexcités, les gens prennent des pierres, et veulent le tuer. Il leur dit alors : « Je vous ai fait voir plusieurs bonnes œuvres venant de mon Père : pour laquelle me lapidez –vous ? » La foule lui répond : « Ce n'est point pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème, et parce que toi, qui es un homme, tu te fais Dieu. »

En bon rabbin, Jésus a alors cité l’Ancien Testament : « N'est-il pas écrit dans votre loi : J'ai dit : Vous êtes des dieux ? Si elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, et si l'Ecriture ne peut être anéantie, celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde, vous lui dites : Tu blasphèmes ! Et cela parce que j'ai dit : Je suis le Fils de Dieu. »

Jésus parlait ici de ce que les Juifs appellent ruah. Les Musulmans disent Ruh. C’est ce souffle que nous partageons, l’esprit dans le livre de la Genèse où Dieu a fait l’homme à partir de la poussière, insufflant dans ses narines le souffle de la vie … « et l’homme devint un être vivant ».

Changer d’état de conscience maintenant, c’est pour moi la priorité. Comme le disait en effet Einstein, « Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu'il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau. » Nous avons créé les guerres sur un certain plan de conscience. Nous avons créé le terrorisme sur un certain plan de conscience. Et nous essayons de résoudre ce problème à partir du même niveau de conscience en disant : « guerre au terrorisme ! »

Aujourd’hui on ne veut plus parler de survie du plus apte car c’est dangereux. L’avenir est à la survie du plus avisé. La sagesse est de comprendre notre inséparabilité.

Des recherches récentes montrent aussi qu’en cas d’inflammation du corps, les cellules normales du corps se font recruter par les cellules cancéreuses pour les aider. Mettons qu’une personne ait un cancer et que le médecin trop zélé administre un traitement excessif de chimiothérapie et de radiothérapie. Les médecins parleront alors d’effets indésirables. Une fois qu’il y a des effets indésirables, les cellules normales se joindront aux cellules cancéreuses pour attaquer le corps car elles ont été atteintes. En fait, on considère aujourd’hui l’inflammation comme la cause numéro un de maladies comme le cancer, l’arthrite, et les affections auto-immunes.

Vous voyez une analogie ? On largue une bombe sur l’Iraq, ou sur l’Afghanistan, elle tue quelques personnes et on parle d’effets indésirables. Indésirables, peut-être, mais voyez les conséquences. Des gens normaux qui n’aspirent qu’à une vie bonne, rejoignent les rangs de groupes terroristes à la façon dont les cellules saines rejoignent les cellules « terroristes » du cancer.

« Si vous voulez changer le monde, disait Mahatma Gandhi, soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. » Prenons l’engagement d’être le changement. Prenons l’engagement de faire bouger un peu les choses dans nos familles, en commençant par notre petite famille, à savoir notre conjoint, la mère, le père, les enfants. Puis allons au-delà car comme le disent les Upanishads, « le monde est ma famille. » Que le monde soit notre famille.